Samedi 17 octobre 2009
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Publié dans : Divers
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Par RobinLine
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Le monde à sa pointure
Le champion s'entraîne en solitaire sur les quais bordelais. (ph. H. P.)
Robin est un grand garçon discret, presque timide, élève de 1re au lycée Gustave-Eiffel. Signe particulier : champion du monde de roller, spécialité « slalom figure », catégorie « surclassé
junior ». Deux titres de champion du monde au total et 13 au niveau national, remportés depuis 2004 (1).
Dans une autre discipline, Robin Tessier serait assailli de demandes d'autographes, roulerait sur l'or et devrait gérer son image médiatique. Avec le roller, ce n'est pas le cas. « Quand je
m'entraîne sur les quais, à Bordeaux, les gens s'arrêtent, me regardent, me photographient parfois. Mais, bien sûr, personne ne me connaît. C'est mieux comme ça. »
À l'abri de la médiatisation
Vrai, pas de regret que le roller soit une discipline peu médiatisée ? « Pour moi, c'est très bien. Côté sport, davantage de notoriété serait une bonne chose pour avoir plus de sponsoring, donc
plus de moyens. Et encore, la France est bien placée en Europe, avec l'Italie et maintenant l'Espagne. »
Robin a commencé le roller par hasard, à l'âge de 9 ans, avec un copain, au club de Saint-Médard-en-Jalles, le très fameux Roller Bug. Dès les premières compétitions, le jeune garçon se distingue,
remporte des coupes. « Pourtant j'étais stressé... Je ne comprends pas vraiment pourquoi j'avais de bons résultats. » On doit appeler çà un don. Ou le talent.
Aujourd'hui, Robin a intégré le club de Montpellier, le MUC Roller. Si la distance ne facilite pas les choses, ce club compte sur ses pistes deux vice-champions du monde, Caroline Lejeune et
Guillaume Barbaz. L'élite réunie, donc.
Tour d'Europe
« Évidemment je m'entraîne ici, au SAM à Mérignac, au Grand Parc à Bordeaux, sur les quais, plus la participation à des stages avec l'équipe de France quelques week-ends par an. Tout va bien comme
ça. » Ses titres, il va les chercher loin - à Moscou, Milan, Barcelone - ou tout près, à Saint-Médard-en-Jalles cet été.
Une vie d'ascète ? « Avec les cours au lycée, le travail qui va avec, et les entraînements, je n'ai pas beaucoup de temps libre, mais ça ne me pèse pas, car j'aime le roller. Je recherche moi-même
de nouvelles figures, je les applique. Sur les quais, je trouve des idées en regardant les autres, en parlant. »
Comme Robin n'a pas le poids de la célébrité à assumer, il ne connaît pas la jalousie chez les copains et copines de lycée. Peut-être juste un peu, parfois, dans le monde du roller, mais il ne veut
pas en parler. Ce n'est pas grave, ça n'a guère d'intérêt.
L'argent au bout des doigts ? Le garçon s'étonne. « Non, mon sponsor, Powerslide, me fournit le matériel, les patins - une paire de compétition coûte 300 euros - mais pas d'argent. » Il y a dix
ans, Sylvie, la maman, chaussait les patins pour accompagner son petit garçon. « Elle peut toujours le faire, assure le champion : je sais aussi patiner normalement, m'amuser. »
Qu'espérer de plus après deux titres de champion du monde ? « Me maintenir à ce niveau, et réussir mon projet de devenir architecte. »